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De technicien CVC au code : ma reconversion, sans filtre

De cinq ans en bureau d'études CVC au développement et au Business Analysis : le vrai visage d'une reconversion, niveau à rattraper et syndrome de l'imposteur compris.

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Avant d'écrire du code pour vivre, j'étais chargé d'études en génie climatique, dans un bureau d'études. Cinq ans à dimensionner du chauffage, de la ventilation et de la climatisation. Aujourd'hui je suis développeur et Business Analyst. Entre les deux, une reconversion. Pas un coup de tête : une envie ancienne, et une bascule qui n'a rien eu de confortable.

L'informatique, depuis toujours

Contrairement à ce qu'on raconte souvent sur les reconversions, il n'y a pas eu de déclic soudain. L'informatique m'a toujours attiré, depuis gamin. En bureau d'études, j'ai commencé à écrire de petits modules pour les logiciels internes (AutoLisp sur AutoCAD, des macros Excel/VBA), à automatiser des tâches répétitives, à bricoler un site interne. Personne ne me l'avait demandé. C'est là que j'ai compris ce qui m'amusait vraiment dans mon travail : la partie logicielle. Le reste a suivi.

Le plus dur : le niveau à rattraper

Se reconvertir, ce n'est pas repartir de zéro. C'est repartir de derrière. Quand vous arrivez dans le dev, certains ont dix ans d'avance : ils ont codé ado, fait une école, enchaîné les projets. Vous, vous rattrapez. Beaucoup, vite, en continu. J'ai commencé par la QA, une porte d'entrée honnête où l'on touche à tout et où l'on comprend comment un produit tient. Puis le backend, puis le full-stack, puis la conception. Chaque étape a demandé de combler un retard.

Et il y a le syndrome de l'imposteur, qui ne vous lâche pas. Même après plusieurs années, même avec des projets livrés, cette petite voix qui demande si vous êtes vraiment légitime. J'ai arrêté d'attendre qu'elle se taise. J'avance avec.

Ce que je ne vous vends pas

Une reconversion, ce n'est ni rapide ni confortable. On vend souvent des histoires de bootcamp en trois mois et de salaire qui double. La réalité, c'est des soirées et des week-ends à étudier alors que vous travaillez déjà, un Bachelor mené en alternance en parallèle des missions, et des moments où vous vous demandez si vous avez fait le bon choix. Si vous cherchez un raccourci, il n'y en a pas. Si vous cherchez à changer de métier pour de bon, ça se paie en temps et en effort.

Ce qui fait la différence

Je n'ai pas de recette. Mais s'il fallait retenir trois choses de ce qui m'a fait tenir : être passionné, parce que la curiosité vous porte quand la motivation flanche ; être sérieux, parce que livrer, tester et ne pas bâcler se remarque plus vite qu'un diplôme ; et être déterminé, parce que le retard se comble, mais seulement si vous ne lâchez pas. Le reste, les technos et les frameworks, ça s'apprend.

Verdict

On me demande parfois si je regrette les cinq ans passés en CVC. La question est mal posée. Ces années m'ont donné une rigueur d'ingénierie et un sens de l'analyse que je réutilise tous les jours, en conception comme en code. La reconversion n'a pas effacé mon parcours. Elle l'a recyclé. Et c'est peut-être ça, la vraie bascule : arrêter de voir son ancien métier comme une erreur, et commencer à s'en servir.

À propos de l'auteur

Kabir Basheer Ahamed

Business analyst et développeur full-stack chez SnowPact. Je conçois et je construis des produits web de bout en bout, et j'écris sur ce que j'apprends en route.

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